Bannissons le glyphosate!

Vous n’appréciez pas les pesticides? Cancérogènes qui plus est? Signez ici pour faire interdire celui qui est le plus vendu dans le monde!
D’accord avec vous, cette entame manque un tantinet d’explications et de mise en contexte. Que voici, augmentée des révélations des «Monsanto Papers» mi-mars.

L’action en quelques mots

Mercredi 8 février, près de 40 ONG ont lancé simultanément depuis Bruxelles, Berlin, Madrid, Rome et Paris une initiative citoyenne européenne pour obtenir l’interdiction du glyphosate, herbicide le plus répandu sur notre planète qui semble l’apprécier très modérément.

Plus précisément, il est demandé à la Commission européenne de proposer aux États membres une interdiction du glyphosate, de réformer la procédure d’approbation des pesticides et de fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides.

Parmi les organisations se retrouvent notamment WeMove qui coordonne la campagne, Corporate Europe ObservatoryGreenpeace, Health and Environment Alliance, la Confédération paysanne et Pesticide Action Network.

Le glyphosate en quelques faits

Il s’agit de l’herbicide le plus utilisé dans le monde, pour cause de faible prix et de forte efficacité. On le doit à Monsanto qui l’a mis au point dans les années 1970. Le brevet est tombé dans le domaine public en 2000 et le glyphosate est maintenant commercialisé par de nombreuses firmes sous diverses formes.

Cette substance constitue le principe actif du Roundup, aussi fameux que controversé, et de certains insecticides. Utilisée principalement par les agriculteurs, elle l’est aussi par les particuliers.

La position de l’Union européenne en quelques procédures

Le glyphosate fait seulement l’unanimité pour son efficacité. Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’OMS) l’a classé en mars 2015 comme cancérogène probable pour l’homme. Peu après, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a estimé improbable son caractère cancérogène. Mais les analyses de cette dernière ont semblé influencées par la «Glyphosate Task Force» où se côtoient Monsanto, Syngenta et Dow Chemical parmi les plus grands groupes de l’agro-industrie mondiale. Fin 2015, 96 scientifiques ont publié une lettre ouverte adressée au commissaire européen en charge de la santé et de la sécurité alimentaire. Ils y contestaient fermement l’évaluation de l’EFSA.

En mai 2016, Campact et WeMove avaient réalisé cette vidéo qui situe la dangerosité du produit.
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L’autorisation du glyphosate expirait en juin 2016 pour le territoire de l’UE. A la suite des experts, les dissensions ont été conséquentes entre pays membres et le renouvellement de la licence a connu des reports successifs. En définitive, la Commission a pris la décision d’y surseoir. L’autorisation a été temporairement prolongée en restreignant les conditions d’utilisation, et ce dans l’attente d’un avis de l’ECHA, agence européenne chargée de la classification des produits chimiques. On parlait d’une échéance fixée à fin 2017 au plus tard. Ce 15 mars, on a appris que le délai serait avancé alors que, de façon inopinée, survenaient les révélations des «Monsanto Papers» (voir notre article).

L’ICE en quelques chiffres

L’initiative citoyenne européenne a été instituée par le traité de Lisbonne. Depuis avril 2012, elle permet aux citoyens d’influer sur les programmes de travail de la Commission.

Le premier stade est l’enregistrement par la Commission, qui acte ainsi la recevabilité et l’inscrit au registre officiel comme dans le cas présent.

Ensuite, l’ICE doit répondre à un certain nombre de conditions pour aboutir. Elle a pour obligations de recueillir
• un total minimum d’un million de signatures
• dans un délai d’un an à compter du lancement (avant le 8 février 2018 dans ce cas-ci)
• qui représentent au moins sept pays de l’UE
• et pour chacun d’eux, un nombre minimum de signatures est exigé, lequel est fonction de la démographie. Présentement, l’objectif est d’en collecter 55.500 pour la France et 15.750 pour la Belgique.

Si toutes ces conditions sont réunies, la Commission européenne est alors tenue de réagir dans les trois mois. Quelle que soit sa décision, celle-ci doit être motivée. Il faut préciser qu’aucune initiative sur les 31 présentées jusqu’ici n’a pu déboucher sur un projet de loi. Et seules 3 ont en fait atteint le million de signatures nécessaire pour être étudiée par la Commission.

Les porteurs de l’initiative espèrent réunir ce million de signatures d’ici cet été déjà et non pas d’ici début 2018. Cela éviterait que, disposant de l’avis de l’ECHA, la Commission puisse se prononcer sans tenir compte de l’ICE.

La signature en quelques clics

Signer cette pétition est possible via les sites de la plupart des ONG participantes. Cependant, un site spécifique est dévolu à cette ICE.

Si vous êtes déjà décidé, ce lien vous amènera directement à la page de signature en ligne.
Sachez enfin qu’il vous est loisible de télécharger un formulaire papier susceptible d’être complété par plusieurs personnes.

Michèle Rivasi et José Bové, eurodéputés écologistes, se sont défiés afin de savoir qui signerait le plus vite. Démonstration…

https://www.youtube.com/watch?v=8kJQaLdUcj8
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Article publié le 10 février 2017, dernière mise à jour le 8 avril 2017


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POUR est un collectif citoyen/média d'intervention qui se mobilise contre les traités internationaux de libre-échange actuellement en cours de négociation (CETA, TTIP-TAFTA, TISA) et pour la construction d’une autre Europe.

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