Brésil: merci Coca-Cola

Peut-on imaginer qu’en quelques années l’AFSCA[1] devienne un lobby de l’industrie alimentaire ? C’est à peu près le tour de force qu’a réussi l’Association Brésilienne des Industries Alimentaires (ABIA) dans sa campagne pour prendre le contrôle de l’Agence Nationale de Vigilance Sanitaire (ANVISA)[2].

Dans un précédent article, nous avons expliqué comment la politique de conquête des marchés brésiliens par les multinationales de l’agroalimentaire avait entraîné une augmentation spectaculaire de l’obésité et du diabète de type II.

Face à ce désastre sanitaire, le gouvernement brésilien n’est pas resté inactif. En 2006, pour tenter de combattre l’obésité galopante ainsi que d’autres maladies liées à la malbouffe, il décide de lancer un vaste programme de régulation de l’industrie agroalimentaire et d’alerter la population quant aux dangers de la surconsommation de produits à haute teneur en sucre, sel et graisses. S’inspirant du succès des campagnes anti-tabac, la nouvelle loi vise notamment à empêcher des compagnies comme Pepsi de sponsoriser des événements sportifs ou culturels. Le directeur de l’agence ANVISA, Dirceu Raposo de Mello, explique : « Nous pensions que le Brésil pourrait être un modèle pour le reste du monde, un pays qui donne la priorité à la santé de ses citoyens ».

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Source : « How big business got Brazil hooked on junk food », The New York Times, 16/9/2017.

[1] Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire

[2] Agência Nacional de Vigilância Sanitária

2 COMMENTAIRES

  1. Voici une dénonciation explicite bienvenue de “la voracité et du cynisme des multinationales” et un appel implicite à des homes et femmes d’Etat soucieux de l’intérêt général et du bien-être de leurs concitoyens. Mais cet appel fait furieusement penser à Diogène parcourant en plein jour Athènes avec à la main une lanterne allumée en proclamant : “Je cherche un homme”…
    Robert Polet

  2. Scenario digne des livres du célèbre romancier américain à partir d’affaires judiciaires (le tabac, la drogue…), l’excellent John Grisham. Et ça fait mal pour les Brésiliens. D’où l’importance de l’Éducation permanente et des groupes de sensibilisation à la santé, à la politique, à la justice…

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