Carcan européen et pirouette sociale-démocrate

« Mais si il y a un angle mort dans la pensée de la gauche, c’est souvent celle du cadre institutionnel. C’est souvent celle des règles du jeu. On ne fait pas de la politique dans un vide, on fait de la politique dans un cadre donné », lance Paul Magnette le 2 décembre face à un public rassemblé par La Revue du Crieur, Mediapart, La Découverte et la ville de Grenoble autour de la question : « Que faire ? »[1] Le bourgmestre socialiste de Charleroi dénonce un cadre européen « très présent et extrêmement contraignant » qui « pose un problème fondamental à la gauche ».

Lié depuis toujours à la construction européenne avec les sociaux-démocrates, Paul Magnette surprend en remettant ainsi en question ce qui, selon lui, « est en quelque sorte la constitution européenne » à savoir : les traités de l’Union, marqués par une idéologie, « celle du libéralisme ou du néolibéralisme ». La logique du « tout au marché » et l’ode à la concurrence semblent ébranlées. L’ancien Ministre-président va même plus loin en administrant une autocritique à son parti et à ses alliés sociaux-démocrates. Il pointe le manque de responsabilité au milieu des années 90 où, malgré onze gouvernements rose sur quinze au sein de l’Union européenne, le « moment politique » ne fut pas saisi et la direction libérale ne fut pas infléchie.

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[1] Voir l’intervention de Paul Magnette : https://www.youtube.com/watch?v=yS7H3THLnaQ
[2] Michel Brouyaux – L’illusion du consensus. A consulter sur https://www.pour.press/lillusion-du-consensus/
[3] There is no alternative – Il n’y a pas d’alternative. Relire : “Il faut tuer TINA” : https://www.pour.press/il-faut-tuer-tina/ , et “3 questions à Olivier Bonfond” : https://www.pour.press/trois-questions-a-olivier-bonfond-video/
[4] César Botero González – “Communiste, le PS ? M’enfin !” A consulter sur http://www.levif.be/actualite/belgique/communiste-le-ps-m-enfin/article-opinion-738949.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=social_vif&utm_source=Facebook#link_time=1508056090
[5] Henri Goldman – Parti socialiste : tout changer pour que rien ne change ? A consulter sur https://www.revuepolitique.be/parti-socialiste-tout-changer-pour-que-rien-ne-change%E2%80%89/
[6] Benoît Hamon au micro de Nicolas Demorand. A consulter sur https://www.youtube.com/watch?v=lcz8PprHZco
[7] Du nom du parti social-démocrate grec (Pasok), la “pasokisation” signifie la dégringolade électorale subie par le parti social-démocrate, classiquement établi comme représentant “la gauche”.

1 commentaire

  1. En référence à la citation de Margaret Thatcher :
    Serons-nous capables de « forcer nos opposants néo-libéraux à changer d’avis » ?
    Pourrons-nous « nous féliciter d’être parvenus à garantir la restauration de l’État de la part des libéraux, et mieux, leur faire dire eux-mêmes que la stratégie de la libéralisation et des privatisations constituait un risque majeur » ?
    La réussite de Margaret Thatcher constituait, pour son camp, une véritable victoire politique.
    La réussite de la gauche écosocialiste soit ne sera pas, soit sera une véritable victoire politique. Celle-ci requiert la réconciliation des gauches. Leur actuel émiettement n’annonce en aucune façon cette victoire pourtant espérée par beaucoup, dont nous sommes.