Je voudrais comprendre

Un grand nombre de chercheurs internationaux, dont bon nombre sont membres du GIEC[1], nous apportent depuis plusieurs années des analyses très sérieuses sur les changements climatiques et leurs conséquences. Ils nous disent qu’aujourd’hui, vu le volume actuel d’extractions des énergies fossiles et de la croissance de leur utilisation, l’humanité émettra, dans les 20 prochaines années, un volume de CO2 qui ne permettra pas de limiter le réchauffement à 2 °C depuis l’ère préindustrielle. Cela entraînera une élévation globale des températures importante. Cela engendrera, d’une part, la fonte des glaciers et l’augmentation du niveau des mers, provoquant inexorablement l’exode de dizaines de millions de personnes habitant les zones inondées, et d’autre part, le développement de fortes vagues de chaleur, créant sur une large partie du monde sécheresses et désertification. Il en découlera une gigantesque perte de production agricole, avec des famines, des maladies, et bien sûr, à nouveau, d’énormes migrations. Ces deux éléments seront amplifiés par des phénomènes climatiques extrêmes, capables de dévaster des pays entiers, comme ce fut le cas pour Porto Rico et la Dominique il y a quelques mois.

Je voudrais comprendre pourquoi, face à toutes ces analyses solides et discutées au sein de la COP21 à Paris, et aujourd’hui à Bonn (COP23), beaucoup de dirigeants restent passifs ou complices face à ces désastres.

Je voudrais comprendre comment les banques, BNP Parisbas, KBC, ING, justifient leurs investissements actuels dans l’extraction du charbon, du pétrole, du gaz, et spéculent à court terme sans se soucier des mises en garde du GIEC.

Je voudrais comprendre pourquoi recteurs et dirigeants d’université, entre autres, continuent à investir dans des fonds financiers dans lesquels sont logées des compagnies pétrolières comme Shell, BP, Exxon, etc. Quels messages veulent-ils envoyer aux étudiants de leur université et à la société en général ?

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POUR N°3 - Sauver le climat pour sauver le vivant - www.pour.press

 

Jean-Claude Garot
Rédacteur en chef

Éditorial du journal POUR sur le climat

 


[1] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
[2] Banque Européenne d’Investissement