L’autre face cachée d’Uber

Tout le monde connaît la manière dont le business model de la compagnie Uber met en péril le système de sécurité sociale, puisqu’Uber se refuse à considérer ses travailleurs comme des travailleurs salariés et qu’il persiste à vouloir les rémunérer à la prestation, comme cela se pratiquait à la fin du XIXe siècle.

Beaucoup savent aussi qu’Uber a engagé des centaines de psychologues et de spécialistes des jeux video pour développer des techniques de manipulation de ses chauffeurs. Celles-ci visent par exemple à leur faire accepter de faire encore un trajet de plus (ou deux, ou trois) alors qu’ils avaient décidé d’arrêter leur journée de travail et de rentrer chez eux.

Mais ce que l’on sait moins, c’est l’effet dévastateur de l’arrivée d’Uber sur la congestion dans les grandes villes. Des études récentes menées aux Etats-Unis montrent que depuis l’arrivée d’Uber l’utilisation des transports publics a baissé dans presque toutes les grandes villes américaines. Cette réduction met non seulement à mal l’équilibre budgétaire des sociétés de transport public, mais l’arrivée massive de chauffeurs Uber conjuguée à la réduction de l’usage des transports publics a entrainé une hausse considérable des bouchons dans ces villes. A Manhattan, il y a maintenant cinq fois plus de chauffeurs Uber que de taxis, et la vitesse de déplacement moyenne a baissé de 15% depuis 2010. D’après des études menées sur l’ensemble des États-Unis, entre 50 et 60% de passagers Uber déclarent qu’ils auraient utilisé les transports en commun, le vélo ou la marche à pied, ou même renoncé à leur déplacement, si Uber n’avait pas été disponible.

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Michel Gevers
Membre de la rédaction