Les bonnes et mauvaises idées de la nouvelle gouvernance

La multiplication de mises au grand jour des pratiques politiques maltraitant l’éthique et le coup de force quelque peu suicidaire du président du cdH a permis de lancer un grand débat sur une «nouvelle gouvernance». Ce terme de gouvernance est équivoque car il provient du monde des affaires qui entend remplacer les choix politiques, nécessairement subjectifs, par une rationalité très managériale.

Il importe donc de faire le tri entre réelles avancées démocratiques et propositions cosmétiques, voire contre-productives. En effet, comme l’a prouvé l’avènement de Jupiter Macron en France et comme le dit Alain Delon qui incarne un personnage du film Le Guépard reprenant une phrase de Guiseppe Di Lampedusa, «Il faut que tout change pour que rien ne change».

Interdire le cumul de mandats, limiter les émoluments des responsables politiques pour les rapprocher de la moyenne de ce que gagnent ceux qu’ils sont censés représenter, éliminer les structures devenues obsolètes comme les provinces, rationnaliser les conseils d’administration trop peuplés qui doivent gérer et contrôler les services publics (et au public) pour des intercommunales…, voilà des options qui sont incontestablement positives. Par contre, on voit, à l’occasion du remue-ménage dans nos institutions, surgir deux propositions qui sont plus que douteuses: supprimer l’effet dévolutif de la case de tête et réduire le nombre de mandats dans les assemblées (communales notamment). Il faut accepter de prendre un peu de temps pour comprendre ce qui peut se cacher derrière des propositions apparemment sympathiques.

Le vedettariat en politique

L’effet dévolutif de la case de tête est un processus de technique électorale assez complexe. On peut voter pour un candidat, que l’on apprécie personnellement mais on peut aussi voter «en case de tête»,  c’est-à-dire cocher la case non nominale au-dessus de la liste, ce que font environ 30% des électeurs.

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