Nucléaire: Réaction en Chaîne

Ce dimanche 25 juin, des milliers de personnes formeront une chaîne humaine de Tihange à Aix-la-Chapelle pour demander la fermeture immédiate des réacteurs Tihange 2 et Doel 3. Il faut dire que vu leurs 15.000 fissures et les résultats «alarmants» des études sur le risque d’incendie, on comprend l’inquiétude des citoyens…

Il est des coins de Belgique où des affiches anti-nucléaire ornent les fenêtres d’une maison sur trois. Mais rien n’y fait, les politiques regardent ailleurs.

«En la matière, il n’y a que la mobilisation de masse qui ait jamais réussi à faire bouger les lignes», rapporte Benoît Dupret, co-organisateur de l’action et membre de l’association « Fin du nucléaire ». C’est précisément le but de cette journée: mobiliser des citoyens de Belgique, d’Allemagne et des Pays-Bas à organiser, ensemble, une immense chaîne humaine. Elle s’étendra sur 90 km, partant de Tihange pour arriver à Aix-la-Chapelle, en passant par Liège et Maastricht.

Pas de solution pour les déchets nucléaires

Quel que soit le pays où la centrale est installée, un problème reste insoluble: que faire des déchets? Les débuts de solutions proposées sont irréalistes, voire criminelles.

Pour les éléments radioactifs à «courte durée de vie» (300 ans, tout de même), il suffirait d’entreposer les déchets et de les placer sous surveillance étroite durant plusieurs siècles.
Protéger ces centrales nucléaires et leurs déchets de tout incident, guerre, tremblements de terre ou attentat terroriste est irréaliste

Quant aux déchets «à longue durée de vie» (plusieurs milliers, voire millions d’années), les politiques envisagées tiennent de l’autruche: l’enfouissement. Cette solution, criminelle, hypothèquerait la santé et l’environnement des générations à venir. Nous n’avons absolument aucun moyen de garantir que les chaînes de vie ne seront jamais irradiées durant des périodes aussi longues.

Le risque d’accident

«Ils jouent à la roulette russe avec nos têtes», avertit Benoît Dupret. Et depuis le rachat d’Electrabel par Engie (GDF-Suez), les profits des réacteurs filent principalement au groupe financier français. Le systématisme ambiant tend à laisser tout pouvoir aux multinationales et semble encore et toujours prendre le dessus sur la raison et l’expression citoyenne.

Plus un réacteur vieillit, plus il est dangereux. Les sept réacteurs belges ont plus de 30 ans, trois d’entre eux ont même plus de 40 ans. Les micro-fissures, dont on parle tant, se comptent par milliers et peuvent atteindre jusqu’à 18 cm de long. Même le directeur de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire a été forcé de reconnaître publiquement qu’un nouveau réacteur qui comporterait les défauts de Doel et Tihange ne serait pas homologué.

Vu les risques et les enjeux du nucléaire, la question n’est donc plus de savoir si on est pour ou contre cette production d’énergie. La question est quand on en sort, comment et à quel rythme?

La chaîne humaine de ce 25 juin revendiquera la fermeture immédiate des deux réacteurs fissurés, des investissements massifs et rapides dans les énergies renouvelables via une transition socialement juste.
Il est donc important de se rendre en nombre à cette Chaîne humaine. Chaque maillon compte!

Il y a plus de 30 ans, POUR mobilisait déjà ses lecteurs contre ces centrales aux cuves fissurées. Notre avis était déjà: il est impératif de sortir au plus vite de cette énergie mortifère.
Depuis, il y a eu Tchernobyl et Fukushima. Ne rajoutons pas Doel et Tihange à la liste.


Bouli Lanners:
«Vous vous dites aussi, «J’m’en fous, j’habite à Bruxelles» ou «J’m’en fous, j’habite à Knokke». Si ça pète à Tihange, vous êtes baisé à Bruxelles, vous êtes baisé à Knokke, etc. Le nucléaire, c’est pas un truc qui respecte les frontières politiques.»