Van Overtveldt, le ministre qui ruine les Belges

Johan Van Overtveldt Credit: VGD Tax Event_Min. Van Overtveldt integraal_deel 2

Pendant 12 ans Didier Reynders a été Ministre des Finances et, pendant ce temps-là, il a mis en place un certain nombre de dispositifs d’évasion fiscale permettant aux très riches et aux grandes entreprises d’échapper à l’impôt ou de le réduire très sensiblement de manière tout à fait légale. Les plus connus de ces mécanismes sont les fameux intérêts notionnels, qui ont fait perdre des milliards d‘euros à la Belgique, ainsi que les excess profit rulings, que même la Commission Européenne, pourtant ultra-libérale, a finalement déclarés illégaux en 2016.

Les efforts de Didier Reynders ont fait en sorte que, dans une étude commanditée par la Commission Européenne sur les indicateurs de planification fiscale agressive, publiée en 2015, la Belgique s’est retrouvée sur la deuxième place du podium des pays européens qui favorisent l’évasion fiscale, juste après les Pays-Bas, et bien avant des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Suède ou le Danemark.[1]

La politique du successeur de Didier Reynders, le Ministre des Finances Johan Van Overtveldt du gouvernement Michel, ne fait qu’amplifier le phénomène avec un effet dévastateur pour le budget de l’Etat. L’objectif de Didier Reynders était surtout de favoriser ses amis riches (le « ministre des rupins », comme l’avait qualifié Philippe Moureaux) ; peut-on vraiment reprocher à quelqu’un d’être excessif en amitié ? Le ministre de la N-VA mène quant à lui un véritable combat idéologique qui vise à assécher l’Etat au profit du privé. Ce combat fait partie du programme de la N-VA qui consiste à réduire les services publics à une peau de chagrin et à démanteler tout le tissu associatif qui permet aux citoyens de faire du lien. L’objectif de la N-VA est que le citoyen se retrouve seul face au pouvoir dans tous les aspects de sa vie : travail, santé, justice, transports, culture, vieillesse. Il ne restera plus alors aux citoyens suffisamment fortunés qu’à acheter les services que le privé lui offrira au prix fort, et qui viendront remplir la poche des actionnaires.

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Michel Gevers


[1] “Study on structures of agressive tax planning and indicators. Final report”, European Commission taxation papers N°61, 2015.
[2] Calculs fournis par le Réseau pour la Justice Fiscale (RJF).
[3] « Pourquoi (ne pas) mettre Belfius en Bourse?”, Dominique Berns, Le Soir, 29/7/2017.
[4] Michel Claise, “Essai sur la criminalité financière. Le club des Cassandre”, Racine, 2015.